Elle est de saison, nous la cueillons avec bonheur car elle nous permet de réaliser une très surprenante et excellente préparation lacto-fermentée.
Nous cueillons les prunelles sur les arbres de la ferme, nous en avons, d'ailleurs, replanté une vingtaine l'hiver dernier. Mais comme la récolte n'est pas assez abondante pour couvrir nos besoins, nous cueillons en baie du Mt Saint-Michel, où les pruneliers sont nombreux et portent de gros fruits gorgés de soleil et d'embruns.
Les prunelles sont savoureuse une fois transformé, car consommées telles quelles, l'astringence est particulièrement forte. Seuls le froid des premières gelées, un passage au congélateur ou la fermentation, rendent ce petit fruit sauvage délicieux.
Cueillir dans la baie... Quel luxe !
Nous avons réalisé la dernière cueillette, pour cette année, mardi dernier. Après dissipation d'un épais brouillard matinal, le Mont était au rendez-vous et le reste de la journée bien ensoleillée, le grand luxe !
La prunelle, fruit du prunellier - prunus spinosa - ou épine noire

Haie de prunelliers, abondants en baie du Mt Saint-Michel
Voici une recette inspirée d'une préparation traditionnelle d'origine japonaise :
la prune umeboshi
Cette recette est une adaptation du travail de François Couplan, ethnobotaniste, sur le végétal sauvage et ses divers usages.
Si vous avez quelques feuilles de shiso ou périlla (la variété pourpre) ajoutez les dans la saumure, c'est une plante aromatique à la saveur de cumin, basilic, menthe, gingembre et cannelle ! C'est aussi un conservateur alimentaire attesté.
Les prunelles, ainsi lacto-fermentées, peuvent être conservées et servies de différentes façons : "au naturel", à la manière des olives (dans une huile d'olive douce) ou écrasée dans une sauce vinaigrette.
Grâce à la fermentation, leur conservation peut être très longue, ce qui permet d'en consommer régulièrement en attendant une prochaine récolte.
Le goût de cette prunelle est très particulière, en perdant son astringence, elle gagne en sucre et, bien évidement, en sel. On aime où on aime pas , “de gustibus et coloribus non disputandum”. Bref, les goûts, les couleurs ne se discutent pas !
Dans la tradition japonaise, cette préparation est considérée comme un condiment de grande valeur médicinale. L'umeboshi est vénérée comme la prune des centenaires, il suffirait d'en consommer une par jour pour vivre longtemps et en pleine forme !
En cuisine macrobiotique, c'est une panacée qui possède une très forte concentration combinée de yin et de yang, l'équilibre parfait !
On aime ou on aime pas, son goût et sa texture sont si particuliers, salée, sucrée, légèrement acide, chair fondante au goût concentré de prune... Chez nous, on adore et il est bien difficile de suivre la "posologie" nippone, pas tant pour prolonger d'une centaine d'années notre vie terrestre, mais par simple et, un peu honteuse, gourmandise !
Voici l'étiquette de cette préparation, on aimera ou on aimera pas... C'est une étiquette "à tiroirs", qui évoque, à la fois le nom japonais "uméboshi" et le nom gallo de la prunelle "blosse"...
Comme disent les américains : "So cheesy !"... hi, hi, hi !
Alors si une expérience forte et inédite vous tente...
PS : merci à "lulu" pour le nom local de la prunelle qui est appelée la "blosse" dans notre région.